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20.1.08

Quiksilver va devoir vendre Rossignol



En difficulté, le groupe américain est contraint d'accélérer les cessions.

La saison des sports d'hiver a superbement démarré en France, le Savoyard Jean-Baptiste Grange fait des merveilles en Coupe du monde de ski alpin, mais l'industrie du ski n'a pas le moral. Ses deux fleurons tricolores Salomon et Rossignol, passés depuis peu sous pavillon étranger, et dont on ne compte plus les médailles olympiques, traversent une lourde crise.

Il y a une semaine, Salomon, désormais dans le giron du finlandais Amer Sport, annonçait l'arrêt de la production dans son usine de Rumilly (Haute-Savoie), la suppression de 284 emplois en France et de 400 au total à travers le monde. Dans la nuit de mardi à mercredi, une autre mauvaise nouvelle s'est abattue sur le secteur. L'américain Quiksilver a indiqué qu'il avait mandaté la banque JP Morgan pour passer en revue la totalité de ses marques d'équipements sportifs et réaliser d'éventuels désinvestissements. Cette décision concerne l'ensemble de son portefeuille, c'est-à-dire les skis Rossignol et Dynastar, les chaussures Lange, les fixations Look et les patins à glace Risport. La rumeur courait depuis plusieurs mois sur un éventuel désengagement de Rossignol, régulièrement démentie par la direction américaine : depuis hier, elle est devenue une réalité.

Le géant mondial du surf et de la glisse, qui avait acquis le groupe français fondé par la famille Boix-Vives en mars 2005, explique cet arbitrage par un environnement économique dégradé, la crise du subprime, la baisse du dollar et une aggravation de sa situation financière au début de l'année. «Le premier trimestre est plus difficile que prévu en raison de déstockages massifs des chaînes de distribution et d'une demande faible», précise-t-il. Il a d'ailleurs lancé un avertissement sur ses résultats, tablant sur une perte comprise entre 0,09 et 0,12 dollar par action au premier trimestre. Hier, le titre était laminé en Bourse, cédant 11,17%.

Délocalisations en cascade

Mi-décembre, le groupe pensait avoir fait le nécessaire pour alléger son endettement en vendant pour 132,5 millions de dollars les clubs de golf Cleveland au japonais SRI. Une cure d'amincissement insuffisante : les actionnaires de Quiksilver ne veulent plus attendre et exigent désormais des efforts de restructuration plus drastiques. L'échec est cuisant pour le groupe et ses dirigeants. «Nous sommes fidèles à notre stratégie de faire de Rossignol la marque leader de la montagne dans toutes ses composantes, textile et matériel, hiver et été», expliquait Bernard Mariette, PDG de Quiksilver Inc. au Figaro, il y a quelques semaines.

Tout en reconnaissant chercher à réduire son exposition sur des marques de niche comme Look, Lange, Dynastar, Kerma ou Risport, il excluait tout projet de vente de Rossignol et du site haut-savoyard de Sallanches, dans lequel sont fabriqués les skis du groupe. «Nous avons 60 millions de dollars en restructuration et en spécialisation industrielle. Ce n'est pas pour tout démolir aujourd'hui», affirmait-il. Hier, sur le site Dynastar de Sallanches, Alain Clergeaud, délégué CGT, rappelait que le groupe Rossignol vit son troisième plan social depuis 1998, marqué notamment par la fermeture de l'usine de Saint-Étienne de Crossey. «Depuis l'été dernier, les rumeurs sur la vente du groupe n'ont jamais vraiment cessé», ajoutait-il.

Les fabricants de ski n'en finissent pas de payer les conséquences des hivers sans neige et la concurrence des séjours hivernaux dans les pays chauds. Salomon s'attend à un recul du marché de 30% environ cette année. Les ventes de skis s'érodent dans l'Hexagone (autour de 545 000 paires) mais aussi dans le reste du monde, et la location modifie les habitudes de consommation. Pour rester dans la course et maintenir leurs marges, les marques délocalisent de plus en plus leurs fabrications dans les pays d'Europe centrale et de l'Est (Bulgarie, Roumanie), voire en Chine.

Christine Lagoutte – Le Figaro - 17/01/2008.

16.1.08

Le laboratoire Humanplasma également visé par le parquet de Turin

Dopage - Le laboratoire Humanplasma également visé par le parquet de Turin

Le laboratoire viennois Humanplasma, soupçonné par l'Agence mondiale antidopage (AMA) d'être impliqué dans des affaires de dopage, est également dans le collimateur du parquet de Turin dans le cadre de son enquête relative aux JO-2006, a indiqué vendredi le parquet de Vienne.

"Le parquet de Turin nous a adressé une demande d'entraide judiciaire concernant ce laboratoire, dans le cadre d'une procédure engagée en Italie", après la découverte de produits suspects dans le chalet de skieurs autrichiens lors des JO d'hiver 2006, a déclaré à l'AFP Gerhard Jarosch, porte-parole du procureur général.

Il a précisé que la police criminelle avait été saisie, mais que l'enquête ne pourrait pas avoir de conséquences judiciaires en Autriche, où le dopage ne représente pas un délit, contrairement à ce qui est le cas en Italie.

Le parquet de Turin cherche à mettre au jour la filière ayant fourni une importante quantité de matériel destiné à réaliser et encadrer des transfusions sanguines, interdites par le Code mondial antidopage, lors d'une perquisition au chalet des fondeurs et biathlètes autrichiens à Pragelato, en février 2006.

Cette affaire, impliquant l'ex-entraîneur autrichien Walter Mayer, déjà banni pour un précédent scandale de dopage aux JO-2002 de Salt Lake City, a notamment conduit à l'exclusion à vie par le Comité international olympique (CIO) de deux biathlètes, Wolfgang Perner et Wolfgang Rottmann et de trois fondeurs autrichiens, Johannes Eder, Jürgen Pinter et Martin Tauber.

L'enquête du parquet de Vienne est la seconde ouverte en Autriche contre Humanplasma, qui fait déjà l'objet d'investigations du ministère de l'Intérieur et des douanes, à la demande de l'AMA.

"Non-sens complet"

L'ancien directeur de l'organisation antidopage, Dick Pound, avait alerté les autorités autrichiennes le 23 novembre en soulignant qu'"il y a de bonnes raisons de croire que cette société approvisionne des athlètes qui se réinjectent du sang à des fins de dopage".

Selon M. Pound, le laboratoire était soupçonné de fabriquer et de vendre des produits sanguins, notamment du sang déshydraté, pouvant être injectés pour se doper.

Selon le quotidien autrichien Kurier, qui a révélé les enquêtes en cours, "de nombreux sportifs", issus notamment du monde du ski nordique et du cyclisme, auraient été aperçus se rendant à ce laboratoire en dehors des heures d'ouverture, de préférence le dimanche matin.

Les deux tiers de ces athlètes seraient des Allemands, selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

Le directeur du laboratoire, Lothar Baumgartner, a formellement récusé ces accusations, les qualifiant de "non-sens complet" et soulignant que sa société ne fabriquait pas de produits à base de sang.

Jeudi, le juge autrichien Arnold Riebenbauer, président de la commission créée par la Fédération autrichienne de ski (ÖSV) pour enquêter sur l'affaire de Turin, a toutefois révélé à l'agence de presse APA que 20 sachets de sang similaires à ceux trouvés à Pragelato avaient été livrés à Humanplasma.

Il a également affirmé que le laboratoire avait dissimulé dans un premier temps qu'il était en possession d'un appareil Haemonetics ACP 215 permettant la conservation de globules rouges, dont l'injection peut être utilisée à des fins de dopage. (AFP)

13.1.08

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Salomon supprime le cinquième de ses effectifs en France


Confronté à la crise du ski, Salomon supprime le cinquième de ses effectifs en France

Les salariés de l'équipementier sportif Salomon ont été appelés à se mettre en grève après l'annonce, mardi 20 décembre, de la suppression de 378 emplois dans les sites de Haute-Savoie, où sont employés 1 500 salariés.

" Cela va faire 800 emplois supprimés en deux ans car ils venaient tout juste de se séparer de 250 intérimaires et de 150 personnes en CDI", se scandalise Sylvain Chalumeau, délégué CGT de Salomon. "On ne va pas se laisser faire", renchérit Alain Bellier, délégué CFDT. Le plan prévoit la suppression de 101 postes de cadres, 97 postes d'agents de maîtrise et 180 postes d'opérateurs.

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale et député de Haute-Savoie, Bernard Accoyer, s'"étonne de l'importance des suppressions de postes annoncées alors que, lors du dernier plan social, Salomon s'était, me semble-t-il, engagé à stabiliser la fabrication de skis en Haute-Savoie".

C'est en mai que Salomon, après un mariage de sept ans avec Adidas, est racheté par Amer Sports pour 485 millions d'euros. Le groupe finlandais — une ancienne compagnie de tabac qui détenait, jusqu'en 2003, 75 % du marché national de la vente de cigarettes — s'est concentré dans l'industrie du sport à la fin des années 1980, après le rachat du spécialiste du tennis Wilson. Il possède aussi la marque de skis Atomic (troisième mondial).

Le rachat de Salomon a permis à Amer Sports de se hisser au rang de numéro un mondial du matériel de sport — hors textile et chaussures —, avec un chiffre d'affaires de 1,7 milliard d'euros.

Le passage sous pavillon finlandais, après une aventure décevante avec l'allemand Adidas, est à l'époque plutôt bien perçu dans l'entreprise fondée par George Salomon en 1947. Les deux groupes paraissent complémentaires et des synergies semblent possibles. Les syndicats français étaient notamment encouragés par le fait que les skis Atomic sont en grande partie fabriqués en Autriche, alors que Salomon avait déjà commencé à délocaliser une partie de sa production en Roumanie.

Le groupe finlandais avait toutefois averti, dès la fusion, qu'il comptait économiser jusqu'à 40 millions d'euros par an jusqu'à la fin 2008.

"Ces réductions de coûts seront réalisées grâce aux restructurations déjà engagées et à des synergies liées au rapprochement des deux groupes aussi bien dans la production, la recherche et développement que dans l'administration", expliquait alors Roger Talermo, le patron d'Amer Sports.

Les suppressions de postes annoncées mardi concernent pour l'essentiel l'activité ski, victime de l'érosion des ventes (6,5 millions de paires de skis vendus en 1996 dans le monde et 4,5 millions en 2004) et de la concurrence exercée par des produits d'entrée de gamme.

"PÉRENNISER LA COMPÉTITIVITÉ"

La fabrication de skis en France est pénalisée par le coût élevé de la main d'oeuvre — les salaires représentant 40 % du coût d'une paire. "Aujourd'hui l'activité ski n'est pas rentable et pèse sur les autres activités, compétitives, du groupe, comme le cycle ou l'outdoor", explique Jean-Luc Diard, directeur général de Salomon. Il rappelle que ses concurrents produisent la quasi-totalité de leur matériel en Asie, et que même Atomic a délocalisé en partie en Europe de l'Est.

Le site de Rumilly devrait se recentrer sur le haut de gamme et les produits les plus innovants. L'entrée et le moyen de gamme seront délocalisés en Roumanie. Seules 50 000 paires seront fabriquées en France en 2007.

"Salomon a lancé un programme de rationalisation de trois ans afin de pérenniser sa compétitivité", a indiqué Amer Sports dans un communiqué.

M. Diard dit vouloir " limiter au maximum les licenciements effectifs". Il y aura des incitations aux départs volontaires, des projets pour permettre aux anciens salariés de monter de activités de sous-traitance dans le ski — logistique, remise en état de matériel de location — ou de poursuivre les projets jugés "non prioritaires", comme le surf.

En 2004, Salomon a réalisé un chiffre d'affaires de 600 millions d'euros et a dégagé un résultat de 9 millions d'euros.

Eléonore Morlas et Olivier Truc (à Stockholm) LE MONDE Copyright 21.12.05

5.1.08

Le Tour de ski qualifié de "farce" par la presse tchèque


La presse tchèque a qualifié jeudi de "farce" l'édition 2007-08 du Tour de ski, compétition comptant pour la Coupe du monde de ski de fond, et épinglé notamment le changement de règles effectué en cours de compétition.

"Le Tour de ski se transforme en une farce", titre le quotidien Lidove Noviny, après le retrait de points et d'une prime financière déjà attribués au Tchèque Lukas Bauer, en tête du classement avant les dernières étapes de cette série de huit étapes en Italie. "Bauer victime d'un vol! Pourtant il a gagné", s'est exclamé à la une le quotidien Sport. "Quelques heures avant le départ du 15 km style classique de mardi, il a appris que ses deux victoires précédentes obtenues lors des courses de distance ne valaient pas et qu'il devait aussi rendre 7.000 francs suisses", poursuit ce journal. Bauer avait déjà fait ses bagages et décidé à ne pas participer à la 5e étape à Nove Mesto (centre de la République tchèque), en signe de protestation contre la nouvelle interprétation des règles par la Fédération Internationale de Ski (FIS). Il est revenu sur sa décision au dernier moment et a remporté une nouvelle victoire.

"C'était déjà un deuxième changement des règles pendant la série. Je ne crois plus en rien. Mais à la fin, je me suis dit qu'une nouvelle victoire serait la meilleure réponse à ces messieurs de la FIS", a déclaré dans les colonnes de Sport. Le Tour de Ski, qui compte huit étapes, a débuté à Nove Mesto (28 et 29 décembre), s'est poursuivi à Prague (29 décembre), de nouveau à Nove Mesto (1er et 2 janvier). Il continuera en Italie à Asiago (4 janvier) et se terminera à Val di Fiemme (5 et 6 janvier). (AFP)